BHL n'est pas Bülent Kiliç

Jeudi 03 Novembre 2016 13:29:24 par Emilie Lemoine dans Editos

Par The official website of Bernard-Henri Lévy. [CC0], via Wikimedia Commons
Donald Trump n'est pas Barack Obama. Cyrille Hanouna n'est pas Albert Camus. Véronique Genest n'est pas Isabelle Adjani. Et Johnny n'est pas un héros car ses faux pas lui collent à la peau. Alors c'est sans doute un peu dur pour chacun d'entre eux, mais il n'est pas trop tard pour les cours du soir. Ah, on me fait signe que si. Tant pis.

Hier, Bernard-Henri Lévy aurait-il lui aussi voulu être quelqu'un d'autre ? Ça lui arrive rarement pourtant. Jamais en fait. Une erreur d'un débutant en community managing peut-être ? En l'occurence une débutante, puisque c'est Liliane Lazar qui s'occupe du compte Instagram du philosophe. Elle/il a publié une photographie de Bülent Kiliç sans la créditer. Ouh la boulette. Surtout que le mec en question n'est précisément pas le Cyrille Hanouna du photojournalisme. Il bosse à l'AFP, a deux Worldpress dans sa poche et est extrêmement talentueux. On vous en avait déjà parlé à l'occasion de son « Perdre la raison face aux barbelés » publié sur Making Of, les coulisses de l'info de l'agence. Tout a donc été très vite. L'AFP a grogné le mardi soir et le mercredi matin, le crédit était ajouté. Alors oui, évidemment, publier une photographie sans la créditer est au mieux du dilettantisme au pire un non respect du travail d'autrui et une méconnaissance totale des règles éthiques d'une profession qu'il est supposé connaître. Nous sommes d'accord. Mais bon, on est quand même loin d'un Watergate du copyright et les proportions prises par cette histoire sont sans nul doute liées à la personnalité clivante de « BHL». A parcourir son compte Instagram, on se rend vite compte de deux choses. D'une, l'homme aime beaucoup trop être au centre de ses clichés pour abuser de ceux des autres (où de surcroît il serait susceptible de ne pas figurer). De deux, le vrai scandale photographique serait surtout une photo de lui, sans chemise blanche, mais en survêtement Tacchini - voire en mocassins Nébuloni - au milieu du désert syrien.

Bref, l'anecdote a ceci d'intéressant qu'elle permet de remettre en lumière le travail du photographe turc et notamment ses derniers clichés des retrouvailles de familles irakiennes, près de Mossoul. Toujours sur le terrain, appareil au poing, il n'y a pas de doute possible : Bülent Kiliç est Bülent Kiliç.





Emilie Lemoine

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