5 questions à Chieko Shiraishi

Lundi 28 Novembre 2016 15:35:07 par Emilie Lemoine dans Interviews

Chieko Shiraishi
On dirait que Chieko Shiraishi a trempé ses clichés dans la suie et l'oubli. En reste le sombre dess(e)in d'une baleine factice, de quelques lampions et d'un phare au loin. La photographe japonaise n'en est pas à ses débuts. Elle a publié plusieurs livres et son œuvre fait partie des collections permanentes de deux musées japonais. Sa série Shimakage est à voir à la Mind's Eye Galerie jusqu'au 3 décembre. Du Japon, elle a répondu à nos questions. Non sans une certaine poésie.



© Chieko Shiraishi




Qui êtes-vous Chieko Shiraishi?

Je suis née à Yokosuka, dans la préfecture de Kanagawa. J'ai étudié la photographie et le travail en chambre noire au cours d'un workshop donné à Funabashi-shi par Katsuhito Nakazato et Kazuo Kitai. Depuis 1998, j'ai montré mon travail à Tokyo et à Chiba à travers plusieurs expositions. Je vis et je travaille à Tokyo.

Si vous deviez choisir quelques mots pour définir cette série Shimakage, quels seraient-ils ?

Une fluctuation. Un paysage que nous avons vu un jour. Un souvenir que j'ai, même si je n'y reconnais personne. Quand je me remémore un souvenir lointain, je suis d'abord distraite, puis je distingue doucement les détails. C'est comme lorsque j'entre dans un endroit sombre après avoir été dans la lumière, je suis aveuglée pendant un instant. Et puis mes yeux commencent à s'habituer. Les contours des choses émergent progressivement de la pénombre. Je suis très intéressée par ces liens mystérieux. Entre la lumière et l'obscurité, la vue et le souvenir. Je crois que je poursuis un paysage que j'ai vu un jour, il y a très longtemps.

Pourriez-vous nous expliquer cette technique traditionnelle (zokin-gake) que vous utilisez dans vos photographies ? 

Les images de Shimakage sont des photographies argentiques créées en utilisant la technique de retouche appelée zokin-gake (essuyage au chiffon), très populaire parmi les photographes dans le Japon des années 1920 et 1930. Cette technique venue de l'étranger était utilisée comme un moyen de retouche photographique. Les amateurs de l'époque en ont fait un usage expérimental, comme une nouvelle forme d'expression artistique. Cette technique a vraiment connu une évolution propre au Japon.


© Chieko Shiraishi



D'abord, je développe un tirage argentique en chambre noire. Ensuite, je renverse de l'huile dessus et, en utilisant un pigment, de la peinture à huile et un pinceau, j'ajuste l'ombre dans ses tonalités. La technique est appelée « essuyage au chiffon » parce qu'on essuie les pigments avec un tissu.

La plupart de vos photographies sont en noir et blanc, avez-vous quelque chose contre la couleur ?

Je prends aussi des photos en couleurs, mais pour le travail. Je suis entrée en photographie par le noir et blanc. C'est simple. Je les développe moi-même et je fais les tirages en chambre noire. J'adore cela.

Les animaux semblent avoir une place particulière dans votre travail (baleine, faons...), si vous pouviez vous réincarner dans l'un d'eux, lequel choisiriez-vous ?

J'aime tous les animaux, ils sont magnifiques ! Si je pouvais me réincarner, je choisirais d'être un être humain qui les aime, comme maintenant.




© Chieko Shiraishi



Emilie Lemoine

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