A nouveau, Playboy déshabille ses Playmates

Mardi 14 Février 2017 14:47:54 par Chloé Andrianarisoa dans Actualités

March/April 2017 cover © Playboy
Retour à la case départ pour le magazine de la presse masculine américaine : il y aura de nouveau des femmes nues dans les pages de Playboy. Cooper Hefner, le nouveau responsable de création et fils du fondateur du mensuel, Hugh Hefner, dit vouloir renouer avec leur « identité ». Revenons sur l'historique de la célèbre revue au lapin au nœud papillon.

C'est le 1er décembre 1953 que sort le premier numéro Playboy. Hugh Hefner, son fondateur, titre « Playboy, divertissement pour hommes. Pour la première fois en couleurs dans la presse, les fameux nus de Marilyn Monroe ». Le succès est immédiat et la ligne éditoriale forte est lancée : au milieu des articles sur la mode et l'art de vivre, ce sont les photos de femmes nues qui font l'identité du mensuel.

C'est dans le fameux dépliant central du magazine que poseront désormais à chaque numéro des femmes, appelées Playmates. Adopté en français dans ce sens unique, le mot anglais signifie « camarade de jeu ». Le magazine ne s'en cache pas, les poses lascives des mannequins et autres canons de beauté sont là pour éveiller l'imagination de son lectorat masculin.
La nudité de ses modèles est avant tout l'image de la marque, la vitrine de son idéologie. A sa création, elle a permis de choquer et de se démarquer d'une Amérique marquée par un conservatisme prégnant. Playboy invente une nouvelle figure de la virilité, à l'image de Hugh Hefner, le modèle de l'homme sans attache et polygame, s'inspirant du libertin et du dandy. Et de façon inévitable, le mensuel réinvente aussi un modèle féminin. Aux antipodes de la typique ménagère américaine, les Playmates sont des jeunes femmes aux mensurations toutes équivalentes.

Mais à l'époque du numérique, la nudité n'est plus réservée à quelques magazines sulfureux. Le 12 Octobre 2015, le New York Times révélait que la revue Playboy ne publierait plus de femmes dénudées. « Vous êtes aujourd'hui à un clic de n'importe quel acte sexuel imaginable. A ce stade, ce qu'on fait est passé de mode », expliquait Scott Flanders, le directeur général de Playboy Enterprises, selon le journal newyorkais.  Avec cette suppression, le mensuel américain espérait également élargir son lectorat, et être autorisé à apparaître sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram ou Twitter. Néanmoins, les femmes photographiées posaient toujours dans des postures suggestives.

Pas plus tard qu'hier, le 13 février 2017, le fils de Hugh Hefner, Cooper Hefner, est revenu sur les précédentes décisions. « La nudité n'a jamais été le problème parce que la nudité n'est pas un problème, a justifié le fils du fondateur, désormais responsable de la création, sur son compte nature. Aujourd'hui, nous renouons avec notre identité et assumons ce que nous sommes ».



Depuis quelques années le magazine connaît une grosse baisse de ses ventes d'après Alliance for Audited Media. Toutes ses décisions sont donc certainement économiques, mais s'inscrivent néanmoins dans des débats plus larges. Lorsqu'il est exposé nu, le corps de la femme est-il considéré comme un objet ? Comme une œuvre d'art ? La démarche est-elle simplement adressée aux hommes ou carrément misogyne ? Le numéro mars-avril sera celui qui renouera avec « l'identité » des origines de Playboy. Reste à voir les réactions qu'il suscitera. Affaire à suivre...


Source : www.playboyenterprises.com



Chloé Andrianarisoa

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